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Un document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), même bien pensé, suffit-il à créer une culture sécurité efficace dans une entreprise de BTP ?  : c’est utile, mais pas suffisant.

Forcer toutes vos équipes à respecter à la lettre des règles (parfois) surabondantes, ça ne va pas les rendre intelligentes. N’oubliez pas que vos opérateurs et vos encadrants savent faire preuve de professionnalisme : ne vous en privez pas !

C’est le juste équilibre entre procédures protectrices et vécu de terrain qui donne les meilleurs résultats. Miser sur l’un en ignorant l’autre, c’est essayer de marcher sur une jambe : ça ne fonctionne pas.

Explications

DUERP et culture sécurité : quels liens ?

Le DUERP est un outil efficace pour analyser l’organisation d’une entreprise du bâtiment et la manière dont les risques sont gérés sur les chantiers. Bien utilisé, il peut enclencher une évolution du fonctionnement des équipes et impulser de la prévention utile, pour éviter les accidents. Mais, trop souvent, ce document ressemble à un tableau de 500 lignes dans lequel personne ne se retrouve : de vraies usines à gaz !

La culture sécurité, elle, implique que toutes les parties prenantes s ‘approprient le sujet : dirigeants, encadrement intermédiaire, chefs de chantier, opérateurs et ouvriers (de tous les corps de métier). Elle ne doit pas être synonyme de sanctions en premier lieu… Et elle ne se décrète pas !

DUERP et culture de la sécurité vont dans le même sens, pourtant : améliorer l’organisation globale de l’entreprise, anticiper au maximum pour éviter les imprévus et les accidents.

Comment transformer le DUERP en moteur de la culture sécurité de l’entreprise ?

Du DUERP aux plans de prévention

La solution : plutôt que de sanctionner des manquements, il faut rendre les opérateurs acteurs de leur sécurité et de celles de leurs collègues de chantier (mais qui peut retenir un tableau de 500 lignes ?).

Un outil terriblement efficace : les plans de prévention ciblés. Le principe est simple : pour chaque famille de tâches, on identifie 3 ou 4 risques majeurs, qu’on détaille. Ensuite, on s’assure que les équipes concernées se les approprient.

Le seul moyen vraiment efficace d’y parvenir est de tenir compte de la réalité vécue par les encadrants et les opérateurs. Les avertir, les amener à réaliser les risques auxquels ils font face quotidiennement, c’est les faire gagner en intelligence collective !

Un autre outil intéressant : les recueils de procédure, qui partent du vécu terrain des opérateurs. C’est un levier pour ouvrir la porte au dialogue dans les équipes, pour que chacun se sente concerné par la sécurité de tous.

Organisation des chantiers et procédures : le juste dosage

Entre pas de procédures sécurité et trop de procédure, il y a un juste milieu

Forcer toutes vos équipes à respecter à la lettre des règles surabondantes, ça ne va pas les rendre intelligentes. N’oubliez pas que vos opérateurs et vos encadrants savent faire preuve de professionnalisme : ne vous en privez pas !

Bien pesés et assis sur une expertise professionnelle solide, le savoir-faire et l’initiative sont aussi des alliés de choix . Le tout est que les deux puissent cohabiter efficacement, pour la sécurité de tous.

Et ça tombe bien : des équipes impliquées sont des équipes motivées. Des équipes motivées sont des équipes qui restent. Et des équipes stables, avec moins de turn-over, ce sont des coûts en moins.

Vous l’avez compris : la culture sécurité, ce n’est pas qu’une affaire de dirigeants, loin de là !